Les Stars

 Joyau de notre vignoble de la Vienne et du Poitou, les cuvées * se veulent chaque année l’aboutissement d’un défi esthétique de l’oenologie d’aujourd’hui et peut-être de demain 

Les cuvées étoiles ne voient le jour que dans les grands millésimes et sont issues de la sélection des barriques qui nous surprennent par leur caractère totalement exceptionnel. Elles ne sont pas attachées à une parcelle particulière, ni à un âge des vignes, seulement à leur identité propre comme un nombre très rare de grands vins dans le monde1. Elles portent une étoile percée dans l'étiquette de la cuvée de grand vin correspondante, et une étoile gravée dans la bouteille à la main qui rappelle en clin d'oeil les racines des Vins de pays, ou Vins de Consommation Courante, le litre étoilé quoi ! 



  •  PN 1328 * Millésime 2002 :

Le premier né des cuvées étoile. Une bouteille de légende. 

  • PN 1328* Millésime 2003 

On ne pouvait pas imaginer un tel concentré de fruit et de matière, une telle élégance et un tel fond. 2003 l'a fait. 

  • PN 1328* Millésime 2005 

Après 20 mois de barriques, on pourrait penser que c'est du guignolet (Il affiche 14,9% d'alcool). Ce n'est que du Pinot. Noir c'est sûr. 

  • Le K* 2003 

Le Cabernet-Franc de climat frais sait se montrer étourdissant dans les grands millésimes. Fond exceptionnel, pulpe, fruit frais et densité hallucinante. 

  • Le K* 2005 

Un style parfait de concentration et d'élégance. Inusable. 

  • Le S * 2006 

 Le tout dernier né, conditionné uniquement en capsule à vis nouvelle génération dont la vis ne se voit pas. Une concentration exceptionnelle, un fruit allié à  un caractère fumé totalement délirant. Une puissance unique et une longueur hallucinante.


Quelques lignes sur l'origine et la philosophie des cuvées étoiles :


Quel ultime niveau mon vin peut il atteindre ? C’est la question que se posent tous les vinificateurs et propriétaires passionnés. Comme l’essentiel des réponses aux grandes questions d’une vie, celle concernant le vin que je produis dans la Vienne s’est manifestée par hasard. 

 

Mon père a hérité en 1972 de 48 ares 15 centiares au coeur de l’ancien domaine familial de la Mailleterie. C’était la parcelle fétiche de son grand père et il en avait naturellement hérité en tant que seul fils de la famille. Je suis né en 1972. Cette parcelle porte le numéro cadastral 1328. Il n’y a aucun lien entre ces deux nombres à quatre chiffres mais je me souviens comme si c’était hier de l’avoir replanté avec mon grand père maternel, son copain le gros Robert qui avait les joues toujours rouges mais était plus fort que tous car il cassait les manches des binochons en acacia, et mon père qui avait choisi d’y implanter du Pinot-Noir pour moitié, comme suite à l’arrachage d’une Folle centenaire. J’avais 9 ans. J’ai encore la barre à mine qui avait fait les trous. Moi je distribuais les rigets, le nom local des plants greffés-soudés. J’en ai cueilli les premières grappes en 1983 et j’ai crée les premières étiquettes la même année. Rétrospectivement je n’en suis pas fier mais elles étaient tout de même en 3 couleurs tirées sténo dactylo sur la machine de l’Ecole Saint-Exupéry. C’était déjà quelque chose. Elles étaient une compilation des étiquettes de la cave de Pépé qui ne contenait rien d’extraordinaire, si ce n’est qu’elle était simplement extraordinaire.

 

En 1990, j’ai élevé pour la première fois le vin en barriques de chêne neuf de 110 litres que nous avions acheté chez Seguin-Moreau pour une vraie fortune et ramené dans le coffre de la Renault 25 de Cognac. Elles étaient emballées dans du plastique comme deux gros oeufs de pâques. C’étaient les premières barriques que nous achetions depuis 100 ans. On n’en a pas fait de cas mais j’ai été impressionné et depuis, j’aime les barriques rien que pour ça.

 

C’est en 1995 que j’ai commencé à le vendre sous la mention P.N. 1328, collusion des initiales du cépage et du numéro cadastral. J’ai tout simplement reporté sur les étiquettes ce que j’inscrivais à la craie sur les barriques depuis des années, une notation que je crois avoir utilisé pour la première fois sur l’épaisse couche d’Aspergillus niger qui recouvrait la barrique contenant la récolte 1988.

 

En 1996 nous avons labouré pour la première fois depuis bien longtemps la terre du 1328. C’est une terre un peu ingrate, impulsive et délicate. Elle a comme tous son caractère. Je crois que c’est aussi le mien.

 

La régularité de la parcelle ne s’est jamais démentie mais en 2002, le résultat a dépassé ce dont je n’aurais jamais osé même rêver. Et si le hasard avait porté son choix de talent sur cette pièce de terre là, c’est qu’il en avait une impérieuse nécessité. Car parmi les cépages rouges le Pinot-Noir est incontestablement le plus merveilleux car il offre une alliance de finesse et d’intensité doté d’un fruit exceptionnel inégalé. Dans certaines rares conditions, le vin regroupe toutes les qualités du cépage et même encore davantage. On aurait pu imaginer que les parangons du cépage Pinot-Noir, généralement Bourguignons, sont parvenus jusqu’au bout du potentiel du vin de la petite grappe noire. On peut aussi croire le contraire ; et c’est mon cas. 

 

Voilà pourquoi j’ai souhaité isoler cette cuvée unique en lui décernant une unique étoile, personnelle, indélébile, sentimentale et subjective. Car P.N. 1328 *, de couleur profonde, franchit un nouveau cap oenologique en partie en raison de son bouquet hors du commun, de son équilibre et son retour aromatique rares et incomparables, mais aussi de tout le reste qui ne se dévoile que pas à pas dans un verre immense face à vos meilleurs amis qui deviennent alors un peu les miens. 

 

Au delà du hasard bien inspiré, P.N. 1328 * a bénéficié des apports viticoles exceptionnels entrepris depuis 1996 en même temps que la vigne entrait dans sa troisième décennie. Tout ceci confine à des rendements naturellement bas puisque seules 2 barriques bourguignonnes ont été produites sur les 26 ares de Pinot-Noir, soit 17.5 hl/ha. Les raisins sont légitimement vendangés à la main à l’issue d’une maturation lente mais complète permise par une alimentation en eau limitée mais savamment dosée par une couche d’argile compacte et collante recouvrant une base calcaire quasi étanche. Les hotteurs les apportent directement à l’entrée du cuvier qui se situe 4 mètres au dessus des cuves, elles-mêmes situées dans une cave monolithe en contrebas. Une configuration historique légendaire dont tout le monde parlait sans jamais l’avoir vu fonctionner les soirs de vendange après un bon faisan au chou ou un civet de lièvre et un fromage de chèvre bien sec sur une salade à l’huile de noix. Je l’ai fait un point c’est tout et il y avait encore plus que du hasard là dessous. Triées une première fois à la lumière du jour les grappes sont éraflées puis les baies plongent dans l’obscurité avant un second tri directement dans la cuve inerte par le gaz carbonique. Intactes elles vont lentement réinjecter leur saveur au jus qui s’en échappera avec la même langueur. La fermentation démarrera spontanément après quelques jours et sa température sera régulée par celle du calcaire turonien environnant que les âmes courageuses du XIème siècle ont laborieusement entaillé. La cuve est ouverte et quelques pigeages légers aux pieds finalisent l’extraction car le ratio solide/liquide est si élevé qu’il ne se forme aucun chapeau de marc.

 

J’aime aller seul le soir dans cette cave où j’ai fait mes premières armes les soirs de tempête de vendange m’imprégner des effluves de framboise telles que je ne les aies jamais senties dans les framboises elles-mêmes et plonger dans la cuve fraîche ou tempérée pour écouter pas à pas au sens propre le miracle du hasard faire son oeuvre. Cela ne dure quelques minutes mais imprègne ma mémoire pour des années. La cuvaison dure 21 jours environ. Le vin est alors entonné au seau en barriques neuves de chêne des Vosges et du Tronçais et subit la fermentation malolactique au début du printemps. Il est mis en bouteille après 9 mois d’élevage sans jamais avoir été pompé ni n’avoir jamais connu aucun adjuvant, tant correctif que constitutif, comme tous les vins d’Ampelidae.