PASSÉ-PRÉSENT

Sols et Cépages :

Fasciné et fin connaisseur de géologie, Frédéric Brochet a dès la création d’Ampelidæ choisi d’implanter les cépages en fonction de la structure géologique du vignoble. 

Situé à un carrefour géologique de la marge sud du Val de Loire et bénéficiant d’un climat océanique tempéré, les sols calcaires laissent tour à tour le pas à l’argile ou au silex, implantés différemment sur les 3 domaines qui composent la propriété : le Manoir de Lavauguyot, La Mailleterie et le Château des Roches. 

Les millénaires ont fait leur oeuvre, l’érosion au premier plan, offrant un dégradé géologique exceptionnel, en trois paliers majeurs, du sommet à la base du récif : Sables et grès accueillent merveilleusement bien le Sauvignon et le Cabernet-Sauvignon grâce à leur pH acides et une structure très caillouteuse. 

Argiles très dégradées (illite ou smectite), restées « collées » sur la pente, porteront admirablement le Pinot noir et le Chardonnay, grâce notamment à leur exceptionnelle capacité à stocker et relarguer l'eau (drainage naturel). 

Ce sont des terres pauvres d’une grande rareté et parmi les meilleurs sols viticoles au monde. On en trouve dans les deux propriétés les plus prestigieuses du bordelais, sur les meilleurs terroirs bourguignons et, bien sûr, à Lavauguyot. 

Craie oolithique et calcaire tendre se révèlent un excellent substrat pour le Cabernet-Franc ainsi que le Sauvignon. Çà et là, ils donnent de superbes résultats avec le Pinot noir

Quelques vignes isolées proviennent d’intéressants sols jurassiques où le socle dégradé est à l’affleurement. Ces terres de groie porteront le Sauvignon et le Pinot. 

Enfin, s’il est une combinaison de sols qui ravisse plus particulièrement Frédéric Brochet, c’est celle du silex et du calcaire, rappelant les terroirs de Pouilly Fumé et de Sancerre sur lesquels le Sauvignon fait des merveilles. 

Sur ces terres propices désormais bien mariées, la viticulture en Bio peut commencer. 

La Bio-Diversité : premier enjeu du bio :

La diversité du monde vivant apparaît désormais partout fragilisée et menacée. Entretenir cette diversité que nous a léguée la nature devient une priorité. C’est celle de Frédéric Brochet à Ampelidæ. 

En tout premier lieu, la préservation des clones et cépages. Fait rare dans un domaine viticole, Frédéric Brochet a choisi de faire ses propres sélections massales à partir du repérage des meilleurs plants du Domaine. Si les porte-greffes proviennent du pépiniériste, le greffon donnant la caractéristique du cépage provient de la propriété. Il est issu de sélections cultivées sur le Domaine depuis l’acquisition par la famille Brochet en 1809. 

La sélection de Pinot noir, le PN 1328 (en référence à son numéro cadastral), dont est plantée la parcelle originelle du domaine, est ainsi préservée et perpétuée au fil des replantations. C’est la même démarche qui préside à la culture du Sauvignon gris. Appelé tour à tour Sauvignon rose, Sauvignon gris ou encore Fié gris, ce cousin du Sauvignon blanc fut en un temps emblématique des vins de la Vienne. Tombé dans l’oubli, il est préservé et reproduit de façon exclusive au Domaine Ampelidæ, afin de maintenir la diversité dans l’autocratie du seul clone agréé. 

Enfin, la dernière sélection à ce jour est celle réalisée sur un Sauvignon blanc, mais pas n’importe lequel, celui qui sera utilisé pour la production de la très fameuse cuvée « Le S ». 

Ce désir de conservation d’anciens plants de vigne est un pilier du projet plus global d’Ampelidæ visant à préserver la biodiversité. L’action de suivi et de recensement des oiseaux menée avec la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) a par exemple mis en évidence la recrudescence des populations et l’arrivée de nouvelles espèces (alouettes, batraciens, chevreuils) sur les terres d’Ampelidæ depuis la conversion en Bio. 

Une démarche similaire a été engagée avec la Société Française d’Orchidophilie qui fait le suivi annuel des orchidées sur le domaine. Le long des chemins ont pu être dénombrés au printemps 2009 plus de 50 pieds d’Orchis à deux feuilles (Plantanthera bifolia), plus de 100 pieds d’Orchis des Bruyères (Dactylorhiza maculata) et surtout une espèce qui avait disparu dans le Poitou ces dernières décennies : la Serapias lingua

Preuve également d’un pari écologique réussi : le retour dans les rangs de vigne de la Camomille, de l’Asperge, de la Mâche, du Pourpier mais aussi des grenouilles qui se régalent du retour des insectes ! 

Technologie du bio :

Deux maîtres mots président à la conduite de l’agriculture biologique : observation et prévention. Ces phases décisives, qui vont conditionner le déroulement des interventions à la vigne et au chai, sont entre les mains de l’homme, mais pas seulement. A Ampelidæ, les innovations sont au service de la meilleure expression des raisins et restent en cohésion avec une approche excluant la chimie de synthèse. 

C’est l’observation parcellaire de la vigne qui permet de définir les apports appropriés de fertilisation organique, les traitements, les travaux en vert, l’ajustement des rendements. Cette présence continue dans le vignoble est assurée par Frédéric Brochet lui-même. Toutes les actions sont ensuite mémorisées dans un logiciel de traçabilité par parcelle. 

Les principales matières actives utilisées pour la protection sanitaire des raisins sont : le soufre, le cuivre (à des doses de 2,8 Kg/ha à comparer avec les 8,5 kg autorisés en Bio) et le lithotamme (squelette d’algues calcaires). Les vins sont analysés à l’embouteillage pour doser les résidus de ces composés. Des certificats « 0 résidu » peuvent être fournis pour chaque lot. 

Le mode de fertilisation mérite d’être souligné. Si le compost de fumier de chèvre appliqué en hiver est des plus classiques dans la viticulture bio, la soie de porc l’est moins. Produit biologique à assimilation rapide, le poil de porc est très riche en azote. Il fait partie des recettes particulières d’Ampelidæ pour faire l’apport clé en azote au moment de la chute des capuchons floraux. C’est la science oenologique qui a notamment démontré la corrélation entre la nutrition azotée à ce moment précis et la synthèse des précurseurs aromatiques thiolés du Sauvignon. La réponse la plus efficace est l’apport foliaire chimique pour une assimilation immédiate. La solution biologique développée à Ampelidæ est la soie de porc en amendement, assimilée en quelques jours ! 

Dans les apports organiques, les sarments du vignoble ne sont pas utilisés mais seront broyés et compostés séparément afin d’être réintégrés aux terres agricoles céréalières qui ont, elles, des besoins en cuivre. Chaque élément de la chaîne viticole fait l’objet d’un cycle de vie utile et maîtrisé. 

 

Avec un palissage à 2m20 offrant une surface foliaire forte et une belle maturité des raisins, l’effeuillage, première étape de la prévention, en sera facilité. Il s’ensuivra un épamprage indispensable à la qualité des raisins. L’état potentiel d’infection (EPI) est calculé tous les jours très précisément, afin d’apporter une intervention proportionnée et de pulvériser la quantité uniquement nécessaire. 

Dès 2005, les nouvelles techniques développées sur les machines à vendanger ont convaincu Frédéric Brochet de leur utilisation sur la majeure partie de ses vins. Des avantages indéniables au rang desquels il apprécie l’ajustement du degré par la fréquence de battage, la qualité du tri, l’élimination des déchets à la vigne sans compter les souplesses offertes en termes d’emploi du temps : ramassage des raisins plus rapide (jusqu'à 10 ha par jour) et vendanges de nuit. 

 

Ensuite, direction le chai...